Les bases de la comptabilité : auto-entrepreneur ou SASU
Le niveau d'exigence comptable dépend entièrement du statut choisi : un livre des recettes suffit pour un auto-entrepreneur, tandis qu'une SASU impose une comptabilité d'engagement complète, généralement confiée à un expert-comptable.
Sommaire
L'essentiel à retenir
Un auto-entrepreneur tient une comptabilité de trésorerie simplifiée (livre des recettes, pas de bilan), avec un abattement forfaitaire pour charges de 34 % à 71 % selon l'activité. Une SASU doit tenir une comptabilité d'engagement complète (bilan, compte de résultat, grand livre), pour laquelle l'accompagnement d'un expert-comptable est vivement recommandé. Le compte de résultat se lit en trois blocs (exploitation, financier, exceptionnel) et le bilan oppose l'actif (ce que possède l'entreprise) au passif (comment c'est financé).
En bref : le régime auto-entrepreneur ne dispense jamais de suivre sa trésorerie réelle, même sans obligation de bilan.
1. La comptabilité simplifiée de l'auto-entrepreneur
Un auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) tient une comptabilité de trésorerie très simplifiée : un livre des recettes encaissées (date, montant, nature, mode de règlement) et, pour une activité de vente de marchandises, un registre des achats. Aucun bilan ni compte de résultat n'est exigé. En contrepartie de cette simplicité, l'impôt et les cotisations sont calculés sur le chiffre d'affaires encaissé après application d'un abattement forfaitaire pour charges (34 % pour les prestations de services libérales, 50 % pour les prestations de services commerciales/artisanales, 71 % pour la vente de marchandises) — un abattement qui ne reflète pas toujours les charges réelles, d'où l'intérêt de comparer avec un régime réel si les charges effectives sont plus élevées.
2. La comptabilité d'engagement d'une SASU
Une SASU (et plus généralement toute société) doit tenir une comptabilité d'engagement complète : enregistrement de toutes les opérations dans un grand livre, tenue d'un bilan et d'un compte de résultat annuels, respect du plan comptable général. Cette comptabilité enregistre les créances et dettes dès leur engagement (facture émise ou reçue), pas seulement au moment de l'encaissement ou du décaissement — une différence fondamentale avec la comptabilité de trésorerie de l'auto-entrepreneur. Vu la technicité et les obligations légales de dépôt des comptes, le recours à un expert-comptable est très fortement recommandé, voire quasi indispensable dès que l'activité se développe.
3. Comprendre le compte de résultat et le bilan
Le compte de résultat se lit en trois blocs : le résultat d'exploitation (activité courante : ventes moins charges d'exploitation), le résultat financier (produits et charges liés au financement, intérêts notamment), et le résultat exceptionnel (opérations non récurrentes). Leur somme donne le résultat net de l'exercice.
Le bilan, à une date donnée, oppose l'actif (ce que l'entreprise possède : trésorerie, matériel, créances clients) au passif (comment ces éléments sont financés : capitaux propres, dettes). Un signal d'alerte à connaître : si les capitaux propres deviennent négatifs ou descendent sous la moitié du capital social, la loi impose des démarches spécifiques (information des associés, possible régularisation) — un point à surveiller avec son expert-comptable.
4. Foire aux questions
Un auto-entrepreneur peut-il passer au régime réel pour déduire ses charges ?
Non, le régime micro-entrepreneur impose l'abattement forfaitaire ; pour déduire les charges réelles, il faut changer de statut (par exemple vers une entreprise individuelle au régime réel ou une société), ce qui implique d'autres obligations comptables et déclaratives.
Un expert-comptable est-il obligatoire pour une SASU ?
Non, il n'est pas légalement obligatoire dans tous les cas, mais fortement recommandé compte tenu de la technicité de la comptabilité d'engagement et des obligations de dépôt des comptes annuels.