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Votre entreprise va mal : le rendez-vous gratuit et confidentiel dont personne ne parle

Entre le moment où une entreprise commence à aller mal et celui où elle dépose le bilan, il s'écoule presque toujours plusieurs mois. Ce sont les mois les plus déterminants, et ce sont ceux où le dirigeant ne parle à personne. Cette fiche s'adresse à celles et ceux qui reportent des échéances, qui étalent une dette Urssaf ou fiscale, qui repoussent un salaire ou qui n'osent plus ouvrir le courrier. Elle recense les recours gratuits et confidentiels disponibles avant la procédure collective — les Centres d'information sur la prévention des difficultés, la médiation du crédit, le Médiateur des e

Le droit français des difficultés d'entreprise est construit sur une idée simple et mal connue : plus on agit tôt, plus les outils sont puissants, discrets et peu coûteux. Passé un certain point, ils deviennent publics, contraints et chers. Toute la question est de savoir où se trouve ce point — et il se trouve beaucoup plus tard que ce que croient la plupart des dirigeants, qui pensent qu'on ne peut rien faire tant qu'on n'est pas au bord du gouffre. C'est exactement l'inverse.

L'essentiel à retenir

Il existe une frontière juridique nette : la cessation des paiements, définie par l'administration comme la situation où la trésorerie dont dispose l'entreprise n'est plus suffisante pour régler ses dettes exigibles. Avant cette ligne, les outils sont confidentiels : personne n'apprend que vous les utilisez, ni vos clients, ni vos fournisseurs, ni vos concurrents. Après cette ligne, les procédures deviennent publiques, inscrites au registre et publiées au Bodacc.

Avant la ligne, plusieurs dispositifs sont gratuits. Les Centres d'information sur la prévention des difficultés des entreprises reçoivent gratuitement et confidentiellement lors d'entretiens organisés par des professionnels bénévoles. La médiation du crédit de la Banque de France est un service gratuit et confidentiel qui mobilise 105 médiateurs territoriaux et impose aux établissements financiers de réexaminer leur position sous cinq jours ouvrés. Le Médiateur des entreprises intervient sur les litiges contractuels, notamment avec des donneurs d'ordre et avec la commande publique. Aucun de ces trois ne vous coûte quoi que ce soit et aucun ne laisse de trace publique.

Enfin, il y a une obligation de calendrier qu'il faut connaître : lorsque la cessation des paiements est constituée, le dirigeant doit saisir le tribunal dans un délai de 45 jours. Passé ce délai, il ne s'agit plus seulement d'un problème d'entreprise, mais d'un risque personnel pour le dirigeant. C'est la raison la plus concrète de ne pas attendre.

Le tableau des recours, du plus discret au plus contraignant

Dispositif Condition d'accès Confidentiel ? Coût Durée
Entretien CIP Aucune — difficulté ressentie Oui Gratuit Un entretien, renouvelable
Médiation du crédit Refus ou réduction de financement par un partenaire financier Oui Gratuit Admission en 48 h, réponse bancaire sous 5 jours ouvrés
Médiateur des entreprises Litige contractuel, y compris avec un acheteur public Oui Gratuit Variable
Plan d'apurement Urssaf / DGFiP Dette de cotisations ou d'impôts Oui Gratuit Selon échéancier
Mandat ad hoc Difficultés financières, sans cessation des paiements Oui Honoraires du mandataire, fixés sous contrôle du président du tribunal Jusqu'à 18 mois
Conciliation Difficultés financières, sans cessation des paiements — ou depuis moins de 45 jours Oui Honoraires du conciliateur 12 mois maximum
Sauvegarde Difficultés sans cessation des paiements Procédure publique Frais de procédure Période d'observation de 12 mois maximum
Redressement judiciaire Cessation des paiements Public — Bodacc, RCS, RNE Honoraires de mandataire et d'administrateur à la charge de l'entreprise Période d'observation de 18 mois maximum
Liquidation judiciaire Cessation des paiements et redressement manifestement impossible Public Frais de procédure Pas de période d'observation

Sources : entreprendre.service-public.gouv.fr, Banque de France — médiation du crédit, CIP national. Consultés le 7 septembre 2026.

Repère légal. Le mandat ad hoc, la conciliation, la sauvegarde, le redressement et la liquidation judiciaires sont régis par le livre VI du code de commerce. Depuis 2025, douze villes expérimentent le tribunal des activités économiques, compétent pour des débiteurs qui relevaient auparavant du tribunal judiciaire. Vérifier la juridiction compétente pour votre activité et votre ressort sur justice.fr ou auprès du greffe : Légifrance n'est pas consultable en accès automatisé.

1. La ligne qui sépare tout : la cessation des paiements

La cessation des paiements n'est pas la faillite, ni la perte, ni l'endettement. C'est un rapport entre deux choses : ce que vous devez immédiatement et ce que vous pouvez mobiliser immédiatement.

Une entreprise peut être lourdement endettée sans être en cessation des paiements, si ses dettes ne sont pas exigibles tout de suite. Une entreprise peut être bénéficiaire et s'y trouver, si son plus gros client paie à 90 jours et que l'Urssaf réclame à 30. C'est la raison pour laquelle la question « suis-je en cessation des paiements ? » ne se répond pas au feeling : elle se répond avec un tableau de trésorerie à 30, 60 et 90 jours.

Ce qui compte dans l'actif disponible : la trésorerie, les lignes de découvert autorisées et confirmées, les créances immédiatement mobilisables. Ce qui n'y compte pas : les stocks, le matériel, un fonds de commerce, un immeuble — même si leur valeur dépasse largement les dettes.

Le délai de 45 jours. Lorsque la cessation des paiements est caractérisée, le dirigeant dispose de 45 jours pour saisir le tribunal, sauf s'il a demandé l'ouverture d'une conciliation dans ce délai. Ce délai n'est pas un conseil de bonne gestion : son non-respect est l'un des principaux fondements des sanctions personnelles contre les dirigeants.

2. Les CIP : l'entretien gratuit et confidentiel

Le Centre d'information sur la prévention des difficultés des entreprises est le dispositif le plus méconnu de tous, et sans doute le plus utile pour commencer.

Ce que c'est

Un réseau territorial qui, selon ses propres termes, « vous reçoit, vous écoute, évalue votre situation, et vous informe des solutions à votre disposition ». Les entretiens, appelés « Les Entretiens du Jeudi », sont présentés comme un rendez-vous gratuit et confidentiel.

Comment ça se passe

Vous êtes reçu par une équipe pluridisciplinaire composée de professionnels bénévoles issus des mondes qui interviennent en cas de difficulté : magistrats consulaires, experts-comptables, avocats. Ils ne prennent pas votre dossier en charge, ne vous vendent rien et ne signalent rien à personne. Leur rôle est de vous dire, en une heure, où vous en êtes réellement et quels outils correspondent à votre situation.

C'est précisément ce dont un dirigeant a besoin à ce stade : pas une prestation, mais un diagnostic honnête par des gens qui ont vu mille dossiers.

Ce qu'il faut apporter

  • Les derniers comptes annuels et la situation comptable la plus récente.
  • Un état de trésorerie à 30, 60 et 90 jours, même approximatif.
  • L'état des dettes : fournisseurs, bancaires, fiscales, sociales, avec les dates d'exigibilité.
  • Le carnet de commandes ou le prévisionnel de chiffre d'affaires.
  • La liste de ce que vous avez déjà tenté : demande de délai, négociation bancaire, apport personnel.

Venir sans ces éléments n'est pas rédhibitoire, mais l'entretien perd beaucoup de sa valeur : on ne diagnostique pas une trésorerie de mémoire.

Comment prendre rendez-vous

Par le site cip-national.fr, qui oriente vers le centre territorial compétent, ou par téléphone au 01 86 21 66 84. Le site insiste sur un point : « N'attendez pas, contactez sans tarder le CIP de votre choix. »

3. La médiation du crédit

C'est le dispositif à saisir quand le problème vient d'un partenaire financier : une banque qui refuse un crédit, réduit une ligne de découvert, dénonce une autorisation ; un assureur-crédit qui abaisse une garantie sur l'un de vos clients ; un affactureur ou un crédit-bailleur qui se retire.

Qui peut saisir

Toute entreprise, de toute taille et de tout secteur, confrontée à une difficulté de financement avec un partenaire financier. Sont exclus les particuliers, les créateurs non encore immatriculés au stade projet, certaines sociétés civiles immobilières, et les établissements financiers eux-mêmes.

Comment ça marche

La saisine se fait en ligne, par un formulaire qui demande vos coordonnées, les informations sur l'entreprise, les données financières — chiffre d'affaires, dettes bancaires — et le détail de chaque établissement ayant refusé.

Ensuite, la procédure est calibrée :

  1. Sous 48 heures, un médiateur vous contacte et vérifie l'éligibilité du dossier.
  2. Sous cinq jours ouvrés, les établissements financiers concernés sont notifiés et doivent réexaminer leur position.
  3. Le médiateur organise des réunions pour lever les blocages qui subsistent.
  4. Il formule une proposition de solution, acceptée ou constatée en échec.

Le service est décrit comme « un service de proximité, gratuit et confidentiel », mis en œuvre par 105 médiateurs territoriaux, généralement les directeurs départementaux de la Banque de France.

Pourquoi c'est efficace

Ce n'est pas de la magie : une banque n'est jamais contrainte de prêter. Mais l'intervention du médiateur oblige à un réexamen argumenté et remonte le dossier à un niveau hiérarchique supérieur à celui du chargé d'affaires qui a dit non. Un refus fondé sur une lecture partielle du dossier ou sur une politique de branche ne survit pas toujours à ce réexamen.

4. Le Médiateur des entreprises

Rattaché au ministère de l'Économie, le Médiateur des entreprises intervient sur les litiges contractuels : entre entreprises privées, et entre une entreprise et un acheteur public. Son champ couvre la médiation individuelle, la médiation collective ou de filière, ainsi que la promotion de bonnes pratiques d'achat via le Parcours national des achats responsables.

Les situations typiques pour une TPE : un donneur d'ordre qui allonge unilatéralement ses délais de paiement, une clause abusive imposée dans un contrat-cadre, une rupture brutale de relation commerciale établie, un marché public dont l'exécution se passe mal.

Ne le confondez pas avec les deux autres médiations. La médiation du crédit traite du financement bancaire. La médiation de la consommation traite des litiges avec vos clients particuliers, et relève d'un tout autre circuit. Le Médiateur des entreprises traite des relations professionnelles contractuelles. La base documentaire du site cite ces trois dispositifs, souvent au même endroit, ce qui entretient la confusion : ce sont trois portes différentes.

5. Les délais de paiement fiscaux et sociaux

Une dette Urssaf ou fiscale qui grossit est le symptôme le plus fréquent d'une difficulté de trésorerie, et le plus dangereux, parce qu'il se transforme silencieusement en majorations et en pénalités.

Deux réflexes valent mieux que dix mois de silence :

  • Demander un échéancier avant l'échéance, pas après la mise en demeure. Les organismes accordent bien plus facilement un plan à une entreprise qui anticipe qu'à une entreprise qui a déjà été relancée trois fois.
  • Savoir qu'il existe une instance de coordination : la commission des chefs de services financiers, qui peut examiner globalement des dettes fiscales et sociales et proposer un plan d'apurement unique. Elle se saisit sur demande de l'entreprise, via les services concernés.

Un point de méthode : payez toujours en priorité les cotisations salariales retenues sur les salaires et la TVA collectée. Ce ne sont pas vos fonds ; leur non-reversement est traité beaucoup plus sévèrement que le retard sur une charge patronale.

6. Le mandat ad hoc et la conciliation

Ce sont les deux procédures judiciaires mais confidentielles. Elles supposent que vous saisissiez le président du tribunal compétent, mais rien n'est publié et vos partenaires n'apprennent leur existence que si vous le décidez.

Le mandat ad hoc

Condition : des difficultés financières, sans cessation des paiements. Durée : jusqu'à 18 mois. Confidentialité : totale.

Le président du tribunal désigne un mandataire — souvent un administrateur judiciaire — dont la mission est définie sur mesure : renégocier une dette bancaire, obtenir des délais fournisseurs, préparer l'entrée d'un investisseur, arbitrer un conflit entre associés. Le mandataire n'a aucun pouvoir de contrainte : sa force est celle d'un tiers désigné par le tribunal, ce qui change radicalement le ton d'une négociation.

Vous restez aux commandes. Le mandat ad hoc n'entraîne aucun dessaisissement : vous continuez à diriger.

La conciliation

Condition : des difficultés financières avérées ou prévisibles, sans cessation des paiements — ou avec une cessation des paiements de moins de 45 jours. Durée : 12 mois maximum. Confidentialité : oui, sauf si l'accord est homologué.

La conciliation est plus structurée que le mandat ad hoc : elle vise un accord entre l'entreprise et ses principaux créanciers. Cet accord peut rester purement contractuel — et donc confidentiel — ou être homologué par le tribunal, ce qui lui donne plus de force mais le rend public.

Ce que ça coûte

C'est le seul point qui distingue vraiment ces procédures des dispositifs gratuits : le mandataire ou le conciliateur est rémunéré par l'entreprise. Ses honoraires sont fixés en accord avec le débiteur et sous le contrôle du président du tribunal. Pour une TPE, ce coût est réel mais sans commune mesure avec celui d'un redressement judiciaire.

7. Ce qui se passe si vous attendez

Franchir la ligne change tout, et il vaut mieux le savoir avant.

Le redressement judiciaire est public. Il est publié au Bodacc, inscrit au registre du commerce et des sociétés et au registre national des entreprises. Vos clients, vos fournisseurs, vos concurrents et vos assureurs-crédit le sauront dans les jours qui suivent. Les conséquences commerciales sont immédiates : couverture d'assurance-crédit retirée, fournisseurs qui exigent le paiement comptant, appels d'offres perdus.

La période d'observation dure jusqu'à 18 mois, en trois temps de six mois. Un administrateur judiciaire est désigné, l'entreprise continue sous contrôle du tribunal, et les créanciers doivent déclarer leurs créances dans un délai de deux mois. Les poursuites individuelles sont suspendues et le cours des intérêts est arrêté, avec des exceptions.

Les issues sont au nombre de trois : un plan de continuation, d'une durée maximale de dix ans ; une cession totale ou partielle de l'activité ; ou la liquidation.

Les honoraires du mandataire judiciaire et de l'administrateur sont à la charge de l'entreprise. Une procédure collective coûte donc plus cher qu'une conciliation, au moment précis où l'entreprise a le moins de moyens.

Et il y a le risque personnel. Le retard à déclarer la cessation des paiements au-delà de 45 jours est l'un des principaux fondements des sanctions contre les dirigeants. C'est l'argument qui devrait suffire : attendre ne protège pas le dirigeant, cela l'expose.

8. Pourquoi les dirigeants n'y vont pas

Il ne suffit pas de dire que ces dispositifs existent. S'ils restent aussi peu utilisés, c'est pour des raisons qu'il faut nommer.

« C'est trop tôt, ça ira mieux le mois prochain. » C'est la phrase la plus coûteuse du répertoire. Elle est presque toujours sincère et presque toujours fausse, parce qu'un dirigeant projette son carnet de commandes optimiste sur une trésorerie qui, elle, ne se projette pas. Le remède est mécanique : un tableau de trésorerie à 90 jours, mis à jour chaque semaine.

« Si j'en parle, tout le monde le saura. » C'est faux pour les CIP, la médiation du crédit, le Médiateur des entreprises, le mandat ad hoc et la conciliation non homologuée. La confidentialité n'est pas un argument commercial : c'est la caractéristique juridique de ces dispositifs.

« Aller voir un juge, c'est déjà avoir perdu. » Le président du tribunal qui désigne un mandataire ad hoc n'ouvre aucune procédure contre vous : il désigne un négociateur à votre demande. La confusion entre la fonction de prévention et la fonction de sanction du tribunal est l'un des principaux obstacles culturels au dispositif français.

« Je n'ai pas les moyens de payer un conseil. » Les CIP, la médiation du crédit et le Médiateur des entreprises sont gratuits. C'est précisément l'intérêt de commencer par eux.

La honte. Elle est réelle et rarement dite. Une entreprise en difficulté est vécue comme un échec personnel. Le fait que les entretiens CIP soient tenus par des professionnels bénévoles qui reçoivent des dizaines de dirigeants par an répond en partie à cette difficulté : vous n'êtes ni le premier ni un cas.

9. Les signaux qui doivent déclencher un appel

Ne cherchez pas de seuil abstrait. Si l'un de ces six signaux est présent depuis plus de deux mois, prenez rendez-vous :

  1. Vous choisissez chaque mois qui vous payez et qui attendra.
  2. Vous avez reporté ou minoré votre propre rémunération deux mois de suite.
  3. Une échéance Urssaf ou fiscale n'a pas été honorée en totalité.
  4. Votre banque a réduit ou refusé un découvert, un crédit, une caution.
  5. Un assureur-crédit a abaissé la couverture sur vous ou sur votre principal client.
  6. Vous n'ouvrez plus certains courriers.

Le sixième est le plus révélateur, et le moins comptable. Quand il apparaît, la décision n'est plus économique : elle est psychologique. C'est le moment de faire porter le diagnostic par quelqu'un d'autre.

10. Le tableau de trésorerie à 90 jours, en une heure

Tous les dispositifs décrits plus haut demandent la même chose en entrée : savoir où vous en êtes. Un dirigeant qui arrive avec ce tableau obtient un diagnostic en une heure ; sans lui, l'entretien se passe à reconstituer des chiffres de mémoire. Voici la version minimale, qui tient dans un tableur.

Une ligne par semaine, treize colonnes. Semaine 1 à semaine 13. Rien de plus fin, rien de plus long : au-delà de trois mois, les hypothèses valent ce qu'elles valent.

Trois blocs.

Bloc Ce qu'on y met Où trouver l'information
Solde de départ Trésorerie réelle disponible en début de semaine, découvert autorisé compris et clairement identifié Relevés bancaires
Encaissements Facture par facture, à la date où le client paie réellement, pas à l'échéance théorique Balance clients, historique de paiement
Décaissements Salaires, cotisations, TVA, loyer, échéances d'emprunt, fournisseurs, prélèvements récurrents Balance fournisseurs, échéanciers, relevés

Trois règles pour que le tableau serve à quelque chose.

  1. Datez les encaissements au comportement observé, pas au contrat. Un client qui paie systématiquement à 75 jours ne paiera pas à 30 parce que la facture le dit. C'est l'erreur qui rend la plupart des prévisionnels inutilisables.
  2. Distinguez le découvert autorisé du découvert utilisé. L'écart entre les deux est votre marge de manœuvre réelle. S'il tombe sous deux semaines de décaissements, appelez.
  3. Ne lissez rien. Les cotisations trimestrielles, la CFE, la prime annuelle, la régularisation de TVA sont des pics. Un tableau lissé masque exactement le mur qu'il devrait montrer.

Ce que le tableau vous dit. S'il n'existe aucune semaine où le solde devient négatif, vous avez un problème de rentabilité, pas de trésorerie, et les dispositifs de cette fiche ne sont pas les bons. S'il existe une ou deux semaines négatives isolées, c'est un problème de décalage : médiation du crédit, échéancier, négociation fournisseur. Si le solde devient négatif et ne revient jamais positif, vous êtes proche de la cessation des paiements et il faut prendre rendez-vous cette semaine.

Mettez-le à jour tous les lundis matin, en vingt minutes. C'est le seul rituel de gestion qui, dans une TPE en difficulté, change réellement l'issue — parce qu'il transforme une inquiétude diffuse en une date.

FAQ

Le CIP va-t-il signaler ma situation à l'Urssaf ou au tribunal ? Non. L'entretien est présenté par le CIP comme gratuit et confidentiel. Les professionnels qui vous reçoivent le font à titre bénévole et ne sont saisis d'aucun dossier. Rien de ce qui est dit n'est transmis.

Je suis micro-entrepreneur, ces dispositifs me concernent-ils ? Oui pour la médiation du crédit, le Médiateur des entreprises, les délais fiscaux et sociaux, et les entretiens CIP. Oui également pour les procédures collectives : un entrepreneur individuel, y compris micro-entrepreneur, peut faire l'objet d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire. Le statut d'entrepreneur individuel issu de la réforme de 2022 a modifié en profondeur l'articulation entre patrimoine professionnel et patrimoine personnel : faites vérifier votre situation, elle n'est pas la même selon la date de création.

Combien coûte un mandat ad hoc pour une entreprise de dix personnes ? Nous ne donnons pas de fourchette : les honoraires sont fixés au cas par cas, en accord avec le débiteur et sous le contrôle du président du tribunal, en fonction de l'étendue de la mission. Demandez une estimation écrite avant de vous engager — c'est une pratique normale et le mandataire s'y attend.

Mon principal client ne me paie pas et ça me met en difficulté. Quel dispositif ? Le Médiateur des entreprises si le litige est contractuel, y compris avec un acheteur public. Si le blocage est un refus de financement lié à cette créance — un affactureur qui refuse de la prendre, un assureur-crédit qui la déclasse — la médiation du crédit. Les deux peuvent être saisis.

Est-ce que demander un échéancier à l'Urssaf me signale comme entreprise à risque ? Une demande d'échéancier est une démarche ordinaire de gestion, traitée par des milliers d'entreprises chaque année. Ce qui déclenche des procédures de recouvrement, ce n'est pas la demande de délai : c'est le silence suivi d'impayés.

Sources


Contenu à jour au 7 septembre 2026 — vérifier les délais, les durées et les conditions avant de s'y fier. Les références au livre VI du code de commerce n'ont pas pu être vérifiées directement sur Légifrance, inaccessible en consultation automatisée. Une situation de difficulté engage la responsabilité personnelle du dirigeant : faites-la qualifier par un avocat ou un expert-comptable, cette fiche ne vaut pas conseil.

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Étape 3 sur 6. Ce qu'on peut faire avant que la situation devienne irréversible.

  1. Reprendre la main sur la trésorerie
  2. Faire respecter ses délais de paiement
  3. Aller voir un CIP vous êtes ici
  4. Vérifier sa protection sociale
  5. Sortir de l'isolement
  6. Se faire accompagner